La Nativité du Seigneur

retour

D’année en année faire mémoire de la naissance du Messie est pour l’Eglise un motif de grande joie. Le pape saint Léon le Grand affirmait : « il n’est pas permis d’être triste lorsqu’on célèbre l’anniversaire de la vie. Le Sauveur détruit la crainte d’avoir à mourir, il nous donne la joie de l’éternité promise. »

A l’heure où je rédige ces lignes, la triste nouvelle de la mort de Monseigneur Lucien Bardonne, évêque émérite de Chalons-en-Champagne, prêtre du Jura, vient frapper douloureusement le cœur de tous ceux qui l’ont connu et aimé. Avec lucidité et sérénité, il est paisiblement entré dans la Vie. Lors de notre dernière rencontre, dix jours avant son passage, la maladie accélérait ses ravages sans lui ôter ni son aimable et souriante fraternité, ni sa grande et belle foi. Tant il est vrai que « le Sauveur détruit la crainte d’avoir à mourir, il nous donne la joie de l’éternité promise ». Aux dernières heures, une certaine impatience face à « notre sœur la mort », qui semblait tarder à venir, s’est emparée parfois de notre frère. Que ce splendide témoignage lui obtienne maintenant la béatitude éternelle promise aux serviteurs fidèles et nous procure une confiance renouvelée en notre Dieu !

En ces jours autour de la nativité du Seigneur, l’allégresse l’emporte sur tout autre sentiment. En prenant le visage d’un petit enfant, la miséricorde divine fait trembler les puissances du mal et même la mort. L’Emmanuel vient dissoudre la dureté du cœur humain en lui rendant la capacité d’aimer à la manière de Dieu.

Emerveillés avec les bergers et les mages, vivons cette période dans l’action de grâce. Ses fruits immédiats et savoureux sont la joie et la paix. A l’école de la Vierge Marie, soyons en les messagers auprès de tous ceux que nous rencontrerons au cours de ces fêtes. Car « le Seigneur fit pour nous des merveilles ».

Souvenons-nous que le cadeau par excellence est Jésus, qui vient partager notre condition humaine. Je souhaite à tous les diocésains de vivre cette fête de Noël 2005 dans une foi en Dieu renouvelée et en sachant, libérés des filets du matérialisme ambiant, être des témoins de l’amour divin envers tout frère en humanité, particulièrement en faveur des plus démunis, en marchant sur les pas du Fils premier-né du Père.

Fr. Jean Legrez,o.p.
Evêque de Saint-Claude